
La
mort à Venise est un roman de l'allemand Thomas Mann. Un auteur que
j'affectionne particulièrement depuis que j'ai lu La Montagne
Magique. Ici, point de sanatorium, point de jeune homme à
éduquer, mais un vieil écrivain, très célèbre, anobli, qui
décide de partir en vacances. Il se retrouve à Venise où il
découvre, dans le même hôtel, un jeune garçon de quatorze ans, un
éphèbe, dont il tombe éperdument amoureux.
Sujet
sulfureux s'il en est ! Et pourtant, cela est traité avec le brio de
Thomas Mann et jamais il ne parait y avoir une quelconque
transgression. On est loin de la volonté de choquer de Nabokov dans
Lolita, où il s'agissait réellement de perversion. Ici,
c'est plutôt, de la part de cet écrivain, un amour platonique pour
la beauté de la jeunesse. Aucune prédation, à proprement parler, n'est présente ; juste un fantasme un peu flou de la part du protagoniste, une obsession certaine, mais sans contact.
Mêlant
adroitement philosophie et littérature, T. Mann nous plonge dans les
méandres de la pensée du protagoniste. Un roman bref, percutant, et
surtout magnifique. Il n'est pas sans faire penser au postérieur La
confusion des sentiments de Stefan Zweig sur un thème similaire.
Mais T. Mann a son propre génie et j'ai grandement apprécié cette
lecture à travers l'obsession de cet écrivain qui, malgré sa
célébrité, malgré un côté presque surhumain, est, après
tout, un simple homme.
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