jeudi 4 mai 2017

L'enfant grec au temps de Périclès - D. Jouanna


Résultat de recherche d'images pour "l'enfant grec au temps de périclès"


Danielle Jouanna, L'enfant grec au temps de Périclès, Paris, Les Belles Lettres, 2017.

Cet ouvrage est intéressant à plus d'un titre. L'on méconnaît souvent l'éducation et les rites de l'enfant grec aux Ve-IVe siècles avant notre ère et en plus, cet ouvrage est au coeur d'un des nouveaux sujets de l'agrégation d'Histoire 2018.
Danielle Jouanna, agrégée d'histoire et ancienne professeur de classes prépa, a publié de nombreux ouvrages et manuels sur le monde hellénistique et elle nous livre ici une étude accessible au grand public sur l'enfant grec dans l'Athènes de Périclès.

Se basant tant sur les discours, les pièces de théâtres que sur l'archéologie, l'auteur fait preuve d'une qualité pédagogique à toute épreuve. Peut-être un peu trop parfois tant on aimerait savoir, quand elle contredit une théorie, pourquoi elle ne la trouve pas convaincante.

Le plan du livre est simple, même limpide. Elle étudie l'enfant à travers les différents stades de son enfance, de sa conception à l'âge adulte (l'éphébie).

A chaque fois, elle s'appuie sur des sources primaires et sur une bibliographie que l'on retrouve avec plaisir en fin de volume avec un index des passages de textes grecs cités et un bref index des notions.

J'avoue ne pas être spécialiste de la Grèce ancienne, étant moi-même moderniste. Mais, intéressé par la famille à l'époque moderne, j'ai pu voir par exemple, une tradition qui perdure : donner le nom du grand-père à l'aîné des enfants. Et j'ai pu apprécié le "dépaysement" de certaines coutumes, notamment lors de la naissance de l'enfant.

L'ouvrage, bref mais sérieux, se lit très aisément et s'adresse à toutes et à tous. Une lecture qui ne peut que vous cultiver et cultiver l'envie d'en savoir encore davantage sur le monde grec et l'enfant au temps de Périclès.


Je ne remercie pas Mme Jouanna car, à cause d'elle, j'ai commandé des ouvrages de Xénophon pour approfondir le sujet, au grand dam de mon banquier !

mardi 2 mai 2017

Corail contre diamants - F. Trivellato

Résultat de recherche d'images pour "corail contre diamants"

Francesca Trivellato, Corail contre diamants. De la Méditerranée à l'océan Indien au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, 2016.

Francesca Trivellato est professeur d'histoire économique et sociale de la Méditerranée moderne à l'université de Yale. Elle publie cet ouvrage qui a reçu un excellent accueil critique des deux côtés de l'Atlantique. Pourquoi cet accueil ?
Peut-être parce qu'elle y développe des thèses fortes. Tout d'abord, l'idée d'une histoire globale à échelle réduite, c'est-à-dire qu'elle associe l'histoire globale (entre plusieurs continents) et la micro-histoire. Elle justifie parfaitement cette prise de position par le fait que la micro-histoire permet de bien saisir les faits. En effet, la microstoria, l'étude des documents de quelques individus de manière exhaustive, permet à l'auteur d'être au plus près des faits. L'histoire globale, elle, permet outre le comparatisme, l'étude des liens entre les continents.

Francesca Trivellato choisit de travailler sur une firme juive de Livourne : Ergas & Silvera. Cette entreprise familiale échange des coraux contre des diamants en Inde. Puis elle revend les diamants sur le sol européen.
Pour étudier au mieux cette entreprise, l'auteur fait montre d'une grande capacité de synthèse. Elle met toujours en contexte les micro-événements de la firme dans le contexte de Livourne et de la Méditerranée. Une bonne connaissance de la diaspora sépharade, du contexte géopolitique tant à Londres qu'à Marseille font de ce livre une référence sur le sujet.

L'auteur développe aussi l'idée de "cosmopolitisme communautaire", un nouveau concept qui montre à la fois la possibilité pour plusieurs communautés de cohabiter, sous l'Ancien Régime, mais dans un esprit communautaire. Ainsi Ergas & Silvera fait fréquemment appel à des marchands chrétiens ou hindous, mais jamais les associés ne donnent en mariage à ces commerçants un membre de leur famille. Si les Sépharades sont acceptés, il reste de forte barrière sociales entre les communautés.

Mêlant histoire générale, fouille dans des documents d'archives, sociologie et anthropologie, ce livre est résolument pluri-disciplinaire sous certains aspects (même si F. Trivellato n'insiste pas trop sur la sociologie et l'anthropologie, il faut l'avouer).


J'ai apprécié de voir l'étude d'une firme intermédiaire, changeant des études sur les très grandes entreprises. J'ai regretté toutefois qu'il s'agisse là encore d'une étude de l'élite sépharade quand l'immense majorité vivait bien plus modestement. Mais F. Trivellato a choisi son objet d'études et elle s'y tient à merveille tout au long de ces 550 pages.

lundi 1 mai 2017

La mort à Venise - T. Mann

Résultat de recherche d'images pour "la mort à venise"


La mort à Venise est un roman de l'allemand Thomas Mann. Un auteur que j'affectionne particulièrement depuis que j'ai lu La Montagne Magique. Ici, point de sanatorium, point de jeune homme à éduquer, mais un vieil écrivain, très célèbre, anobli, qui décide de partir en vacances. Il se retrouve à Venise où il découvre, dans le même hôtel, un jeune garçon de quatorze ans, un éphèbe, dont il tombe éperdument amoureux.

Sujet sulfureux s'il en est ! Et pourtant, cela est traité avec le brio de Thomas Mann et jamais il ne parait y avoir une quelconque transgression. On est loin de la volonté de choquer de Nabokov dans Lolita, où il s'agissait réellement de perversion. Ici, c'est plutôt, de la part de cet écrivain, un amour platonique pour la beauté de la jeunesse. Aucune prédation, à proprement parler, n'est présente ; juste un fantasme un peu flou de la part du protagoniste, une obsession certaine, mais sans contact.


Mêlant adroitement philosophie et littérature, T. Mann nous plonge dans les méandres de la pensée du protagoniste. Un roman bref, percutant, et surtout magnifique. Il n'est pas sans faire penser au postérieur La confusion des sentiments de Stefan Zweig sur un thème similaire. Mais T. Mann a son propre génie et j'ai grandement apprécié cette lecture à travers l'obsession de cet écrivain qui, malgré sa célébrité, malgré un côté presque surhumain, est, après tout, un simple homme.

Lancement de Sacrés Bouquins !

Vous le savez, votre serviteur aime les livres ! Et c'est pourquoi j'ai aujourd'hui décidé de lancer ce nouveau blog. Ne vous inquiétez pas, Sacrés Ancêtres ! continue d'exister. Simplement je voulais un espace dédié à ma passion pour les livres, qu'il s'agisse de littérature, d'histoire ou d'essais. Donc voilà, c'est fait !

Alors, quel est le but de ce blog ?

Il s'agit avant tout de publier des avis (et non des critiques ou des comptes-rendus) sur les livres que j'ai lu. Il s'agira aussi de présenter les livres qui me tentent mais que je n'achèterai pas forcément tout de suite. Bref, le but et l'intérêt de ce blog sont de vous faire connaître des ouvrages qui peuvent soit vous distraire, soit vous aider dans vos démarches généalogiques, soit vous enrichir personnellement.

On y trouvera quoi, concrètement ?

De l'histoire. Des livres traitant principalement de la période moderne (XVIe-XVIIIe siècles) car c'est ma spécialité, mais aussi des autres périodes : ancienne, médiévale ou contemporaine. Je posterai aussi des avis circonstanciés sur des articles que je lirai, c'est-à-dire des articles "scientifiques". On entend par là des articles qui sont publiés par des revues avec un comité de lecture, donc des revues universitaires. Je mettrai un lien vers l'article dans chaque avis et j'espère que cela vous incitera aussi à vous tourner vers ce "format court" mais très enrichissant.

De la littérature. J'adore les romans, notamment les classiques et les contemporains. Vous avez déjà un exemple avec l'article sur Le loup des steppes de Hermann Hesse et dès cet aprem, vous aurez droit à un article sur La mort à Venise de Thomas Mann. Donc, restez connectés sur Facebook et sur Twitter !

Des essais. Principalement de la sociologie, de l'économie politique et de l'anthropologie. Mais, pourquoi pas, de la philosophie ou de la psychologie voire d'autres choses encore ! En fait, je regroupe sous ce terme "essais", tout ce qui n'est ni histoire, ni littérature.

Du cinéma. Qu'il s'agisse de films vus ou de livres sur le cinéma, vous y aurez droit. Oui, mais pourquoi tu parles de films sur un blog qui s'appelle "Sacrés Bouquins !" ? ... hum... j'avoue j'avais pas d'autre idée de nom... Donc oui, je parlerai de cinéma, tant de blockbuster que de cinéma indépendant, de cinéma français que de cinéma africain. Mon but ? Vous faire découvrir de nouveaux films !

Et pour les réseaux sociaux ?

Rien ne change. Vous pourrez suivre l'actualité de ce blog sur Twitter (@sacres_ancetres) et sur Facebook, toujours sur la page de Sacrés Ancêtres !
J'ai choisi de tout mettre au même endroit pour éviter que vous ne vous perdiez entre les pages, les twitters, etc., etc. Cependant, il fallait un blog à part, puisque je souhaite garder Sacrés Ancêtres ! comme un blog purement généalogique.

J'espère que vous serez nombreux à venir, que nous aurons l'occasion d'échanger sur les bouquins, etc. De plus, j'accueillerai avec plaisir d'autres personnes sur ce blog, si jamais vous aussi vous aimez lire et que vous souhaitez publier un article. Bref, j'aimerais bien en faire un blog avec d'autres contributeurs, dans l'idéal.


Allez, champagne for everybody ! On pend la crémaillère !!